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BEETHOVEN, LA SUBLIME ÉNIGME

Damit Sie sich in die Stimmung, die der folgende Beitrag widerspiegelt, versetzten können, laden wir Sie dazu ein, diese Musik von Beethoven im Hintergrund zu spielen:



 Am Donnerstag, den 13. Januar 2022, sind wir in das Goethe Institut von Lyon gegangen, um ein Beethoven Konzert anzuschauen, dachten wir zumindest…

In Wirklichkeit aber war es mehr als nur ein Konzert, es war ein spektakulärer Moment, der Musik, Theater, Literatur, Gesang und Geschichte vermischte. Zusammen mit dem conservatoire de Lyon unter der Führung von Xavier Jacquelin hat das Goethe Institut eine Abwechslung von gesungenen Gedichten von Goethe, Musikstücken von Beethoven und gelesenen Briefen zwischen Goethe und der jungen Bettina von Armin dargestellt.

Diese persönlichen Briefe zwischen zwei prominenten Figuren der deutschen Geschichte, nämlich dem 58-jährigen Goethe und der 22-jährige Bettina von Armin, Schwester des berühmten Clemens Brentano, ermöglichen uns die Beziehungen und die Begegnungen der Genies dieser Zeit zu entdecken. Jeder kennt nämlich die Texte, Gedichte oder Musikstücke dieser Meister, jedoch kennen nur wenige die privaten Briefwechsel dieser Menschen. Durch diese Inszenierung bekommen wir einen Einblick in die Bewunderung und das Interesse der einen für die anderen, was immer ihre Hauptbeschäftigung auch sein mag. Man sieht, wie sie das Zeitgeschehen ihrer Epoche kommentieren und einschätzen. Die vielleicht etwas weniger bekannte Bettina von Armin, eine junge, aber gelehrte Frau, ist das Bindeglied zwischen den zwei berühmten Männern: Goethe und Beethoven, die jeder in ihrem Bereich als Hauptkünstler gelten. Beethoven erkennt die Musikalität der Gedichte und vertont sie: « Neue Liebe, Neues Leben », « Mignon opus 75 n°1 », « Mailied », « Sehnsucht » und « Aus Goethes Faust » sind Vertonungen vom Musiker und wurden im Goethe Institut gesungen. Und obwohl Goethe nicht unbedingt von Beethoven in den ersten Briefen, die vorgelesen wurden, begeistert wirkt, erkennt er trotzdem sein Talent, das wir mit der Sonate « das Lebewohl » -- der sie vielleicht im Hintergrund zuhören und die auch von einer jungen Pianistin vorgespielt wurde --, spüren konnten. Die leidenschaftsvollen Briefe fungieren als ästhetisches Manifest über das Schaffen und über die Wahrheit in der Dichtung und in der Musik. Jedoch ist die Wirklichkeit manchmal enttäuschend.  Im letzten Brief schreibt Goethe deutlich, dass er Beethoven, nachdem er ihn kennengelernt hat, unfreundlich und zurückgezogen fand. Goethe und Beethoven verstanden sich nicht, dennoch werden sie Beide als Genies in Erinnerung behalten.

Und wer weiss ? Vielleicht ist eines der Talente, die wir an jenem Abend gesehen und gehört haben, das Genie von Morgen. Eins ist sicher, sie haben Goethe und Beethovens Werk gewürdigt. Alle Künste waren vertreten: lyrischer Gesang mit den virtuosen Schülern des conservatoires, Musik mit der Klavierspielerin und Theater mit der Inszenierung und den zwei Schauspielern, die Goethe und Bettina spielten. Die Schauspieler lasen die Briefe der zwei historischen Figuren und bildeten dadurch den roten Faden, zeigten die Entwicklung der Beziehungen, und ließen die zwei Gestalten menschlicher aussehen. Die Briefe wurden auf Französisch gelesen, während die Lieder auf Deutsch gesungen wurden. Diese Vermischung der Sprachen diente zum einen dazu, die Handlung zu verstehen - manche Besucher des Goethe Institut sprechen kein Deutsch - und zum anderen zu zeigen, dass die Musik eine eigene Sprache ist, die jeder verstehen kann. Die Stimmen betonten die Gefühle und die Schönheit der Sprache. Alle Talente waren sehr jung, aber man merkte sofort, dass sie hart gearbeitet haben, um solch eine beeindruckende Aufführung vorzutragen.

Allgemein war die Stimmung sehr intim und vertraut, stark waren die Gefühle und man hatte als Zuschauer das Gefühl für eine Stunde durch Raum und Zeit gereist zu sein. Die Virtuosität aller Aufführenden brachte uns zum Stauen. Wir erinnern uns noch heute an diesen zwar kurzen, aber sehr intensiven Augenblick. Das kleine Publikum war, wie wir es waren, begeistert. Zuletzt hat Xavier Jacquelin am Ende eine Text von Léo Férré vorgelesen, der « Ludwig » heißt und der auch, in einem aktuellen Sinn, den Begriff des missverstandenen Genies bearbeitet. Sein Lied erwähnt Goethe, Beethoven und Leo Férrés Leben. Dieses letzte Lied war zweifellos der Höhepunkt des Abends. Uns fehlen die Wörter, um zu erklären, wie dieser Text und die Inszenierung uns fasziniert und gefesselt haben, deswegen lassen wir Sie mit diesem lesenswerten Text.

 Beitrag von Suzanne Renou und Anna Schulze

 

Ludwig

PAROLES DE LÉO FERRÉ

MUSIQUE DE LUDWIG VAN BEETHOVEN

(OUVERTURE D’EGMONT DE GOETHE)

 

Au fond d'une guitare enragée à l'automne
Il y avait du sang comme un dièse mouillé
C'était à Bonn au détour d'une rue…

S'il fallait parler de cette romance en allée dans la rue
Avec ses habits du dimanche
Alors que la semaine s'étire on ne peut mieux, au bout
de l'incertain et du tragique
S'il fallait chanter cet éternel recommencement qui tient de
l'habitude et du savoir constant vérifié par les arbres
Par les crépuscules teints
Par les regards cachés derrière la pensée perverse ou religieuse
S'il fallait dire un peu de cette insouciance et qui nous mène
au jardin des faillites et de la solitude
S'il fallait... S'il fallait...
Alors remonterait du fond de nos cagibis inconscients
Du fond de notre vouloir le plus profond
La certitude,
Le temps précis et incalculé et toujours indemne,
Alors s'emballerait notre habitude retenue par la défense
de s'insurger, de s'éprendre, de s'illusionner.
Coriolan n'était qu'un prétexte. Egmont? Parlons-en.
Tu te souviens?

 
Sur cette plage toute en graviers
Cette plage défaite au nom d'une certaine compromission
entre la mer et le spectacle
Cette plage que tu voulais défaite et soumise
à ton imaginaire chorégraphie d'enfant seul et triste
Tu t'en souviens?
Et tu chantais... et tu chantais... et tu chantais...
Et tu pensais qu'Egmont c'était la mer, le drame, les larmes,
La beauté de cet instant fabuleux de solitude exaucée
Tu l'avais dit, et tu l'avais crié à ce prof impotent du verbe
et de la grâce, et tu t'étais caché parce que tu étais
seul au monde, et vaincu, et grinçant contre l'imbécillité
secourue et protégée par la loi et par le nombre.
Depuis, Egmont me remonte comme la mer
après ses descentes impitoyables au fond des enfers
et de la nature fidèle.
Egmont, comme une source bienheureuse et coulant
comme une génération tout entière de bienfaits uniques,
Parce que tu es l'Unique
Parce que je t'ai donné l'Unique et ce Temps
Qui s'est arrêté au bord de la seule invention de l'homme...
Devine!
 
L'illusion s'arrange et s'indemnise au mieux de l'imaginaire
et de la folie. Je m'illusionne et je pars m'illustrant moi-même
et me regardant à travers le style enfin parcouru au long
de tous ces silences, de toutes ces vicissitudes interpolées
par des copistes dont je me fais le modèle transmis
d'on ne sait où et, sans doute, par voix orale.
Quand je parle à l'illusion je suis à Bonn sous-traitant
la quatorzième symphonie chez un archiduc de mes prétendants...
Je vais alors et maintenant vers l'horizon blafard et souriant
peut-être, parce que de mon œil jusqu'à son désir de paraître
il n'y a probablement qu'un intention d'architecte.
Ce que je vois se perd.
Ce que j'instrumente ne peut qu'être perdu aussi.
L'instinct du hautbois est une crécelle inventée
par des lèvres secourues.
Le vent, d'habitude, s'informe de ses perverses possibilités
et se retrouvera bientôt dans le plan général de ces bois
vertueux et grinçants rien qu'à l'idée de se protéger
tout en haut, à l'aigu, se défendant aussi
de la fable contrapuntique et apprise sur les bancs de l'informe
et de la décadence.
Le chant... le chant... et cette vertueuse passion
qui ne va jamais au bout de la relative inversion,
dans le moins, que l'on ne découvre qu'à force de bienfaits
dans l'outrage et dans le sacrifice propitiatoire.
Un peu comme la terreur obligée du stupre
et de la revendication.
Je sais des formules apprises. Je leur crachais dessus.
Je sais des impossibilités pratiques. Je les décontenançais
à force d'incroyable.
L'incroyable, c'est la porte de secours que je poussais
quelquefois, et personne jamais ne s'en est aperçu.
La perversion m'obligeait à me rendre tel que les pervers
pouvaient m'imaginer, et encore... Cette perversion
tellement cachée au fond des mers conscientes
revues et corrigées par le cynisme des lois de préférence
pénales, je l'entendais au fond de moi, comme les accords
de la Neuvième que j'avalais de travers parce qu'engloutis
pêle-mêle dans ma bouche auriculaire, et je la rendais
à qui de droit, je veux dire aux inadaptés de l'esprit.
Ils croyaient que je me trompais alors que Stravinski c'était
déjà moi. Avec le sourire en plus. Enfin... ce sourire
tout près de vos larmes.
Il faut bien concéder. ça favorise et ça trompe les historiens.
 
J'allais jouer à la marelle, avec trente-deux cases.
La sonate pour piano, c'est une démission de joueur.
Quand Dieu se masturbe, il met du cassis dans ton vin blanc
et tu jouis en même temps que lui,
à cela près que Dieu c'est toi aussi.
 
Vous n'êtes rien moins que les informes copies de votre
propre imagination. Lorsque tu imagines, tu crois être dans
le spectacle alors que le spectacle te regarde et te vérifie.
Quand je transpirais auprès de Térésa, elle prenait ça
pour du génie. Mon génie c'était justement de m'arrêter
à temps, au bord du non-dit et de l'informulé.
Tu sais bien que Rembrandt n'a jamais dessiné que des
fadaises. Si tu voyais ce qu'il voyait tu t'arracherais
mes oreilles.
Nous sommes d'un monde non édifié et que nous sommes
seuls à parcourir, encore qu'il y faille un peu de désordre
aussi et de cette indicible beauté qu'on ne dit même pas
en musique ou au fusain et que nous immolons chaque soir
avant de parcourir l'inédit et la fantastique pâleur
du silence et de l'objective inanité.
Le néant, vraiment, finit par avoir une consistance,
tellement nous nous en informons, tellement nous le parlons
avec nos mots et nos idées, alors que l'idée même
en est transfigurée par nos sens et notre dérisoire entendement.
 
Coriolan n'était qu'un prétexte. Egmont? Parlons-en
Tu te souviens ?
Sur cette plage toute en graviers
Cette plage défaite au nom d'une certaine compromission entre
la mer et le spectacle,
Cette plage que tu voulais défaite et soumise à ton imaginaire
chorégraphie d'enfant seul et triste, tu t'en souviens ?
Et tu chantais... et tu chantais... et tu chantais...
Et tu pensais qu'Egmont c'était la mer, le drame, les larmes,
la beauté de cet instant fabuleux de solitude exaucée,
Et tu l'avais dit, et tu l'avais crié
à ce prof impotent du verbe et de la grâce,
Et tu tétais caché parce que tu étais seul au monde,
et vaincu, et grinçant contre l'imbécillité secourue et protégée
par la loi et par le nombre.
Depuis, Egmont me remonte comme une source bienheureuse
et coulant comme une génération tout entière de bienfaits
Uniques,
Parce que tu es l'Unique
Parce que je t'ai donné l'Unique
Et ce Temps qui s'est arrêté au bord de la seule invention de l’homme...

La douleur.

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